You signed in with another tab or window. Reload to refresh your session.You signed out in another tab or window. Reload to refresh your session.You switched accounts on another tab or window. Reload to refresh your session.Dismiss alert
{{ message }}
This repository was archived by the owner on Aug 3, 2022. It is now read-only.
Disons, pour résumer les propos qui précèdent, qu'au printemps 1942 la situation du pays s'était à peu près stabilisée. La vie quotidienne, mesurée, presque tranquille avait repris. L'absurde possède une capacité à s'intégrer à la réalité, à y acquérir une sorte de légitimité, de la même façon que, dans la cervelle d'un fou, le délire et les fantasmagories cohabitent avec un reste de bon sens suffisant pour lui permettre de vivre parmi les gens sains d'esprit. Les spécialistes connaissent le phénomène curieux de la simulation de la bonne santé propre aux schizophrènes. Cependant, par moments, une escapade inattendue trahit le malade en arrachant le voie qui cache le cauchemar surréaliste de son âme. Les ombres qui mènent la danse se révèlent être les fruits du néant. Un froid glacial émane de ce vide qui sert de fondation à l'édifice dangeureusement fragile de la raison, et on se sent attiré par cette caverne habitée par des ombres...